Troubles et difficultés d’apprentissage :  quand la technologie contribue à changer la vie d’enfants et d’adolescents

Par Marie-Anne Lachance, orthopédagogue

 

Chaque jour passent dans mon bureau des enfants et des adolescents qui ont des difficultés ou troubles d’apprentissage. Ils sont souvent équipés d’un IPAD ou autre tablette munie de correcteurs numériques/applications, ce qui améliore leurs écrits et leur facilite la tâche.  Dernièrement, un élève m’a surpris en m’avouant qu’il ne voulait pas toujours utiliser l’ordinateur, le clavier ou autre outil en classe pour écrire, car il se sentait regardé des autres et se rabaissait en se comparant à eux. Je ne sais pas pour vous, mais moi, lorsque je vois un enfant malheureux qui préfère se fondre à la masse, ça me donne des boutons. Souvent, je dois prendre un temps d’arrêt avec lui et revenir à la base. Mon domaine d’activité est si près de celui d’un psychologue et/ou psycho éducateur, alors je ne peux passer à côté et nier cette déclaration. Alors, en l’entendant évidemment, j’ai décidé de lui dire ce que je pensais de la dite situation.

Ma réaction fut celle-ci :

« Écoute-moi bien. Tu sais que tu as des difficultés en écriture, que tu prends beaucoup de temps pour compléter un texte à la main et que tu oublies de corriger plusieurs erreurs. Mais sache ici que deux choix se présentent à toi :

1)      Tu fais à ta tête, tu continues de te comparer aux autres et tu écris un texte à la main qui ne va sans doute pas t’apporter une grande fierté. Sans compter que le résultat sera sûrement pas celui souhaité.

Ou

2)      Tu acceptes la situation présente et tu utilises les outils mis à ta disposition pour t’aider.  Ta fierté et ta confiance vont monter en flèche et tu n’auras pas peur de répondre à ceux qui osent te pointer du doigt. Après tout, n’oublie pas que tu as aussi des forces que les autres n’ont pas. Ici, le résultat obtenu sera grandement récompensé.

Après cette courte discussion, il m’a regardé droit dans les yeux, et il m’a dit : “Tu sais que je veux réussir mon année, je fais des efforts, je viens te voir et je vais aussi en rattrapage le midi. Mes parents tentent aussi de m’apporter tout le soutien nécessaire. Ils m’autorisent même des sorties, car je suis persévérant. Reste que je ne sais pas pourquoi ça m’affecte tant, mais tu as raison. Je décide que c’est MA réussite qui compte. Alors ceux qui ont juste ça à faire; se moquer de moi, bien qu’ils regardent ailleurs…”

Wow, là je retrouvais mon élève. Un garçon déterminé qui venait de faire le «switch» S’autoriser à vivre des réussites au détriment de ce que les autres peuvent penser ou dire de lui. J’étais tellement fière de lui.  Je lui ai démontré mon approbation : un «High five» avec un grand sourire! Il m’a rendu le sien. Lors de nos rencontres suivantes, c’est un adolescent de plus en plus heureux qui se présentait à moi, me montrant ses nouveaux travaux de français réalisés à l’ordinateur.  Peu à peu, il avait oublié à quel point, dans son cas, sa valeur personnelle ne dépendait pas des gens autour de lui mais bien de la perception qu’il avait de lui-même.  Une belle leçon de vie, non?

Bref, nous blâmons souvent nos jeunes qu’ils sont toujours sur leur téléphone intelligent, n’est-ce pas? Il faut effectivement limiter le nombre d’heures d’écran par jour.  Mais bien savoir se servir de la technologie afin de la mettre au service d’enfants et d’ados aux prises avec des difficultés, ça peut faire drôlement monter leur indice de bonheur.  D’ailleurs, à cet effet, je vous recommande d’aller consulter ce site : http://www.mamanpourlavie.com qui propose différents articles variés à propos de la famille, l’éducation, l’alimentation, etc.

La transition au secondaire; une préoccupation essentielle

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Une question de confiance?

Qu’est-ce qui peut mettre votre enfant en confiance afin d’effectuer son passage au secondaire avec le moins de répercussions possible? Plusieurs changements importants sont en cours à cette période. Ils peuvent être d’ordre physiologique, psychologique, social et environnemental. D’où l’importance pour les parents de les soutenir dans cette transition afin de cibler de nouveaux repères et de préparer le jeune à ce nouveau défi exigeant. Au fait, comment y arriver? En faisant en sorte que cette situation préoccupante devienne une expérience intéressante tout en mobilisant les ressources nécessaires. Certes, cela aura un impact positif sur la persévérance et la réussite scolaire de votre jeune.

Impacts

Rupture des liens sociaux, plus grand isolement, plus grande anxiété de performance, diminution du rendement scolaire, déclin de l’intérêt pour les matières scolaires, attitude moins positive envers l’école et le personnel enseignant, diminution de l’estime de soi ne sont que quelques effets connus, mais dont l’intensité fluctue, selon la perception des jeunes envers ce milieu quasi inconnu.

Facteurs de risque

D’autres facteurs de risque peuvent aggraver ces effets : au niveau scolaire; les retards ou les troubles d’apprentissage, la grandeur de l’école, les relations entretenues avec les divers enseignants, etc. Maintenant, sur le plan familial, un soutien parental inadéquat ou limité de même qu’un climat familial difficile ne faciliteront pas la transition au même titre qu’un style parental autoritaire ou permissif.

Évidemment, l’élève en soi peut aussi présenter des facteurs de risque importants : une faible estime de soi, une détresse psychologique, une motivation insuffisante, un manque d’engagement, des difficultés d’adaptation et d’intégration, etc. Il importe véritablement de diminuer les inquiétudes afin qu’elles ne prennent pas le dessus sur les apprentissages scolaires et sociaux des adolescents.

Solutions

Quoi faire alors pour diminuer le risque de provoquer des effets néfastes apportant des conséquences à court, moyen et long terme? Adopter une attitude positive, développer et entretenir des relations de collaboration avec le personnel des services éducatifs complémentaires, être informés des différents choix de cours offerts aux élèves et des trajectoires scolaires pouvant mener au marché du travail, élaborer des moyens de communication attrayants et variés pour être au courant des dernières ressources, etc. Si vous prenez le temps d’aller visiter l’école secondaire pendant les journées portes ouvertes, souvent planifiées à l’automne, poser des questions et vous assurer de bien comprendre le fonctionnement et les services proposés, ces quelques attentions susciteront davantage l’intérêt des jeunes. Faisant preuve d’ouverture dans ses choix, la curiosité l’emportera sur le reste et vous verrez que la transition en sera que plus stimulante et divertissante.

Je vous invite aussi à aller visiter les sites suivants :

  • http://www.successcolaire.ca/blogue/5-trucs-pour-faciliter-lentree-au-secondaire/
  • http://carrefour-education.qc.ca/guides_thematiques/%C3%AAtes-vous_pr%C3%AAt_pour_la_rentr%C3%A9e
  • http://www.csmv.qc.ca/secondaire/espace-ados/prepare-ta-rentree-au-secondaire/
  • http://jeunessejecoute.ca/Teens/InfoBooth/School/Starting-High-School.aspx

Merci et à bientôt!

Si vous avez d’autres trucs à partager sur la transition du primaire au secondaire, surtout n’hésitez pas à commenter 🙂

Marie-Anne Lachance

La tablette : un outil d’aide à la lecture efficace

tabletteDernièrement, pendant l’une de mes interventions, j’ai eu l’agréable surprise de me faire demander par l’un de mes clients du primaire, fin 3e année, s’il pouvait être filmé avec l’aide de la webcam intégrée à ma tablette Android pendant qu’il lisait l’une de ses rédactions. Ayant des difficultés à bien structurer ses idées les unes aux autres de même que la syntaxe de ses phrases, j’ai accepté sur le champ, car j’ai vu l’opportunité… Pas besoin de logiciel précis, juste une webcam et voilà, le tour est joué!

Il a donc pris ma tablette, l’a installée devant lui et sous l’oeil de la caméra, a pesé sur l’icône et bingo, l’enregistrement est parti. Avec le sourire fendu jusqu’aux oreilles, nous avons ri en cœur en écoutant le résultat de l’enregistrement. J’ai même remarqué que sa gêne diminuait et qu’il prenait tellement plaisir à le faire que son langage était moins hésitant et plus fluide.

En voyant son visage illuminé, j’ai compris qu’il serait heureux de se regarder après coup. J’ai donc joint l’utile à l’agréable en lui demandant qu’après l’écoute, il se filme une 2e fois en s’assurant de respecter quelques critères de base : les points, les virgules et les liaisons. Chose étonnante, mais vraie, cette technique lui a permis de s’améliorer rapidement, car il préférait de loin s’entendre et se regarder en riant au lieu de juste relire, et ce, sans comprendre le but précis derrière l’exercice. Simple et efficace, il fallait juste y penser!

Somme toute, je vais réutiliser cet outil technologique avec d’autres élèves afin dans certains de leurs apprentissages et en faire part à leurs parents question qu’ils puissent en faire tout autant à la maison pour les devoirs. Les enfants se sentent plus impliqués et pourquoi ne pas conserver les vidéos afin qu’ils se réécoutent et qu’ils apprennent leurs notions en chantant ou autres, tout est possible!

Et dites-moi, avez-vous des suggestions d’outils technologiques déjà essayés qui permettent d’apprendre tout en s’amusant?

 

Ressusciter la relation parents/enfants : possible?

Bien avant le début des vacances d’été, et ce, souvent lors de la période des évaluations, les parents tentent de mettre les bouchées doubles avec leurs enfants. Ils voient la fin d’année qui approche à grands pas et souhaitent leur réussite scolaire. Quelques-uns, avec leurs efforts soutenus tout au long de l’année grâce à la collaboration de la direction, de l’enseignant et des autres acteurs dans le milieu, réussissent à transmettre la motivation et les encouragements pour viser le succès alors que d’autres, absents et moins soucieux en cours d’année, osent croire à l’impossible… Faites le point sur votre situation afin de considérer les choix qui s’offrent à vous. Parfois, tout se cache dans la simplicité!

Bien que l’ensemble des étapes soient importantes, la dernière l’est davantage, car elle représente 60% de l’année. Évidemment, quand la neige fond et que le printemps se pointe le bout du nez, les enfants et les adolescents, très souvent, commencent à décrocher et à penser à leurs vacances d’été. D’où le fait d’être encore très, je dirais hyper présents à leurs côtés afin de s’assurer d’une continuité productive dans leurs apprentissages. Parfois, avec l’âge des enfants, les parents leur donnent une plus grande souplesse et lâchent prise en raison de leur maturité. Pas que je sois contre cette idée, mais il importe de garder un équilibre afin que l’enfant continue à sentir leur appui dans son processus scolaire. Certains chérubins ne communiquent pas ouvertement les commentaires et les résultats à leurs parents et ceux-ci sont au près avec des surprises de dernières minutes…

Quoi faire lorsque ce type de situation se présente? Monter sur ses grands chevaux? C’est sans doute pas la meilleure solution à envisager… C’est pourtant l’un des réflexes qui peut émaner souvent de la bouche des parents qui s’emportent rapidement et qui émettent des conséquences. Dites-vous bien que l’enfant ne sera pas plus encouragé à discuter avec vous, loin de là. L’important est de s’asseoir avec lui et de regarder les faits tels qu’ils se présentent. Il n’est pas rare de constater que les responsabilités se traduisent de part et d’autre : l’enfant, les parents, les méthodes d’enseignement, le manque de communication et de ressources, les problèmes de la vie sociale et familiale, la persévérance, etc. Les facteurs sont nombreux et il est utopique de croire que tout soit parfait. Cependant, l’essentiel dans tout ça est de revenir à la base et d’instaurer un plan de match avec l’enfant afin que ce dernier se sente épauler et en confiance dans son cheminement.

Par exemple, prenons un jeune adolescent de secondaire 2 qui a eu des difficultés pendant l’année scolaire dans les trois matières de base : le français, les mathématiques et l’anglais. Même en mettant les chances de son côté en participant aux périodes de récupération offertes le midi à son école, il ne parvient pas à améliorer ses résultats. Or, la mère, déjà impliquée dans le réseau scolaire, recherche les autres ressources clefs pouvant l’aider. Ayant fait le tour de celles offertes à même le milieu, elle se rend désormais compte qu’à l’interne, plus rien ne lui est accessible puisqu’il n’est pas en échec. Donc, elle entreprend de se renseigner auprès des services privés afin de donner un support de plus à son garçon. Ce qui lui semble désormais plus adéquat à faire pour l’instant.

Alors, elle décide de contacter une orthopédagogue et fixe avec elle le premier rendez-vous. La journée de la rencontre, la spécialiste discute avec elle des points importants à considérer avant même les apprentissages de son garçon. La mère se rend bien compte qu’elle pouvait bien se préoccuper de lui de la sorte, car il présente non pas uniquement des difficultés scolaires, mais d’abord et avant tout, des problèmes familiaux et sociaux qui perturbent considérablement ses apprentissages. Après avoir fait le tour de la question toujours en prenant les réponses de l’adolescent en priorité, d’un accord commun, la mère, son fils et l’orthopédagogue décident d’investir d’abord et avant tout, en coaching familial afin de retrouver un équilibre de vie dans les sphères où le manque est présent. Par la suite, il sera plus facile, pour le jeune, de fixer son énergie aux bons endroits en se libérant l’esprit de ses autres préoccupations.  

Finalement, quelle(s) question(s) importe-t-il de se poser avant même de fragiliser votre relation avec votre enfant? L’idée est de demeurer réaliste et de considérer ce qui affecte votre enfant. Si vous y songez sérieusement, vous comprendrez que l’essence même dans toute relation est de définir avant tout ce qui cloche véritablement et d’aller chercher les ressources gagnantes pour apporter des solutions à court terme. Par la suite, des changements apparaîtront et vous verrez que le climat sera plus favorable aux discussions. Conséquemment, les autres moyens à mettre en place se définiront afin d’atteindre l’épanouissement global chez votre enfant.